Fautetactique.com 07/12/2012
The Dictator (en anglais, l’homme qui dicte le jeu). FAUTETACTIQUE.com s’intéresse ici aux deux joueurs qui représentent le mieux leurs clubs respectifs dans ce Clasico. Xavi, El Maestro, incarne mieux que personne ce génie révolutionnaire mêlant travail et invention dans un Barça qui a su se réinventer dans les années 1990. Xabi Alonso, The Gentleman, est le symbole de ce Real Madrid élégant, beau et majestueux qui réduit, avec classe, ses adversaires à l’impuissance la plus totale. C’est LE duel de ce Clasico.
Classe et élégance, le Real dans le sang
Personne ne peut se vanter de dégager autant de classe et d’élégance que Xabi Alonso sur un terrain de football. Les épaules larges, la tête haute, le regard perçant : le basque est bien plus qu’un simple sportif, il est le joueur qui combine parfaitement esthétique et pragmatisme. Ses ouvertures millimétrées de soixante mètres sont à la fois une délice pour le spectateur et la manière la plus efficace pour contourner la défense adverse ou profiter d’une erreur de placement. Le numéro 14 madrilène a tout simplement la classe, et ce, malgré sa barbe rousse. Ou peut-être grâce à sa barbe rousse. On ne sait pas. Ce qui est sûr, c’est qu’il représente un certain échantillon de la population espagnole, un noble-bourgeois gracieux, raffiné et charmant. Pas de tatouages, pas de cheveux longs, pas de gomina. Un homme d’un autre temps. Même lorsqu’il se prend les crampons de De Jong sur le torse en finale de Coupe du Monde, il se relève rapidement, droit, fier et, bien sûr, avec la classe.
Son histoire personnelle est importante pour comprendre son parcours professionnel. Xabi Alonso a le football dans le sang. Né à Tolosa dans le Pays Basque, il a eu le »privilège »(il le dit lui-même) d’être le fils d’un père footballeur au grand succès, passé par la Real Sociedad et le Barça. Dès son plus jeune âge, Periko Alonso lui transmet sa passion pour le ballon rond et influence sa manière de jouer. Xabi ne veut pas marquer des buts, mais distiller des passes, dicter le tempo, organiser le jeu ; à aucun moment il n’a l’ambition de finaliser le jeu, son seul désir est de « construire » les piliers sur lesquels reposera la philosophie de l’équipe. Vingt ans plus tard, nous pouvons sereinement dire qu’il a réussi à satisfaire son rêve de gosse.
Le joueur moderne par définition
Intelligence, rapidité et leadership, les ingrédients idéaux pour réussir dans le football moderne. Xabi est un maître des trois. Il est le joueur moderne par définition et exprime toutes les qualités exigées par le football du XXIème siècle.
Son intelligence de jeu est exceptionnelle. Que ce soit à San Sebastian, Liverpool ou Madrid, Xabi a toujours été le cerveau de l’équipe. Il comprend plus rapidement que les autres les situations de jeu, le cours du match, les faiblesses des adversaires. Il sait quand il faut accélérer le jeu et quand gagner du temps, quand partir à l’abordage et quand défendre le résultat. C’est un analyste. Il interprète le match comme un joueur d’échecs. Il dirige ses pièces (ses coéquipiers) avec maestria, en les utilisant de la manière la plus rationnelle possible pour que l’équipe mette échec et maths les adversaires, ou pour protéger son propre Roi. Mourinho a récemment affirmé « on se retrouvera tous les deux sur des bancs de touche d’ici quelques années« . En effet, Xabi Alonso est de factol’entraineur sur le terrain, le relais entre le banc et le rectangle de jeu, celui à qui s’adresse le Mou pour bousculer tactiquement l’équipe.
Le football moderne exige de la rapidité. Le rythme des matchs, surtout au niveau européen, est ahurissant. Et Xabi est l’un des joueurs les plus rapides du monde. Pas dans le sens conventionnel du terme, comme Obafemi Martins ou Theo Walcott, capables de couvrir 100 mètres de terrain en 11 secondes. Non, il est rapide dans sa tête et dans son style de jeu. Il analyse le positionnement de ses coéquipiers et de ses adversaires avant de recevoir le ballon, de telle sorte que, dès que le cuir arrive dans ses pieds de velours, il sait déjà comment l’utiliser, où l’envoyer. Ce qu’il perd en athlétisme, il le gagne en intelligence et arrive toujours à passer le ballon avec cette demi-seconde d’avance qui permet au destinataire du cuir de profiter du mauvais placement de son adversaire. Il est la plaque tournante qui rend les attaques madrilènes si rapides et meurtrières.
De plus, la confiance qu’il dégage, associée à son intelligence footballistique, en font un vrai leader silencieux. Relativement peu médiatisé au vu de son talent et de son importance au sein desGalacticos, il a pourtant conquis le vestiaire madrilène sans problème. Et avant cela celui d’Anfield Road. Et avant encore, celui de San Sebastian et d’Eibar. Cette caractéristique a toujours fait partie du footballeur Alonso, il a constamment été un meneur d’hommes par l’exemple plus que par les paroles. A tout juste 20 ans, John Toshack, ex-entraineur de la Real Sociedad lui confie le brassard de capitaine. Il déclarera quelques années plus tard que » à 20 ans, je l’ai fait jouer face à Albelda et Baraja contre Valence au milieu. Il les a bouffés. Sur l’autre banc il y avait Benitez. Je peux vous dire que c’est ce jour-là qu’il a décidé de l’emmener avec lui à Liverpool. » Aujourd’hui, il suffit de le voir aboyer sur ses latéraux pour comprendre que s’il y en a qu’on écoute à Madrid, c’est le barbu du milieu.
Le même style que Xavi ?
« Il a le même style de jeu que Xavi » dixit le Mou. Pour une fois, nous ne supporterons pas la thèse du Special One. D’accord, ils ont le même rôle, ce sont les cerveaux de leur équipes respectives, les « hommes de l’ombre »,indispensables pour la réussite de leur clubs mais souvent éclipsés par les dribbles de Leo et les passements de jambes de CR7. Mais Xavi est plus un métronome, une horloge suisse, un train allemand : jamais en retard, aucune erreur, distribuant le jeu calmement et intelligemment. Passes courtes et précises, sans exagérer, et puis la magie d’une superbe passe en profondeur pour lancer les Messi, Pedro ou Villa devant le goal adverse. Xabi Alonso est plus imprévisible. Il réussit à alterner le jeu court et posé avec des ouvertures magiques de soixante mètres qui sautent les défenses adverses. Le Mou adore sa capacité de surprendre les adversaires : il les endort avec des passes courtes pour ses défenseurs centraux et puis, boum, ouverture géniale qui catapulte Cristiano ou Di Maria en position très menaçante pour l’équipe adverse. Une vraie rampe de lancement.
Défensivement, le basque, un peu comme son collègue catalan, a un rôle très important à jouer. C’est là que son expérience britannique se fait le plus sentir, et le secteur du jeu où il a le plus gros avantage par rapport à Xavi. Le jeu viril, le duel aérien, il connaît. Même lorsqu’il est épaulé par Khedira, Mourinho lui demande de détruire le jeu « ennemi ». Il veut qu’il recule et se positionne devant les défenseurs centraux pour protéger les cages madrilènes. Ou, s’il est hors-position, faire le pressing et se sacrifier en prenant le jaune pour une faute tactique qui empêcherait la contre-attaque adverse. Xabi Alonso est un pur milieu « constructeur-destructeur ». Il peut et sait être dur, laissant traîner le pied, faire sentir sa présence et José adore ça. Mais même lorsqu’il détruit, c’est toujours avec sa classe habituelle.
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Affichage des articles dont le libellé est Xabi Alonso Article. Afficher tous les articles
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Xabi Alonso, ce roi d'Espagne
Scenesdelaviesportive 15/05/2012
Médiatiquement dans l’ombre de ses compères catalans, Xavi, Iniesta ou Fabregas, Xabi Alonso n’en est pas moins un joueur au talent exceptionnel. Véritable baromètre du jeu du Real Madrid, Xabi est sans aucun doute, l’un des maillons essentiels du dispositif Mourinho. Hauteur d’une saison 2011/2012 de tout premier plan, possédant un gros volume de jeu, étant capable de défendre, d’aller au duel, de relancer proprement, de se projeter vers l’avant, d’offrir la dernière passe, de faire la différence sur coup de pied arrêté, Xabi Alonso est par ses caractéristiques, l’archétype du milieu relayeur moderne.
Xabi Alonso, un joueur à la technique anti bling-bling
A l’image d’un Xavi pour le Barça, le madrilène possède une justesse technique qui lui permet d’être habile dans le petit jeu. De cette technique justement parlons-en. Lorsque l’on pense « technique », on pense en premier lieu à un joueur comme Cristiano Ronaldo, capable de gestes venus d’ailleurs dont l’efficacité est discutable mais dont le public raffole. Petit pont, roulette, crochet, râteau, passe du dos, passement de jambes…tous ces gestes réunis font la panoplie du « joueur de quartier ». Spectaculaire, développée dans les petits espaces, cette technique « bling-bling » qui ne nécessite pas en soi une intelligence de jeu et des qualités footballistiques, est appréciée du grand public (Téléfoot). Mais, elle est monopolisante et réductrice. Il serait intéressant d’interroger des amateurs de football en les invitant à hiérarchiser les joueurs suivants en fonction de leurs qualités techniques : Ben Arfa, Cristiano Ronaldo, Messi, Ribéry et Xabi Alonso. Sans trop m’avancer, je pense que les personnes interrogées classeraient ces joueurs de la manière suivante : 1/Messi, 2/Ronaldo, 3/Ben Arfa, 4/Ribéry et 5/Xabi Alonso. On ne saurait leur donner tort car à bien des égards ce classement est légitime au regard d’une certaine idée de la technique couramment répandue aujourd’hui. Maintenant si l’on juge la technique d’un joueur au regard de sa capacité à maitriser les fondamentaux du football (passes longues, passes courtes, contrôles, remise une touche, etc.) à un vrai niveau d’exigence alors le classement pourrait être tout autre. On aurait dès lors 1/Xabi Alonso, 2/Messi, 3/Ronaldo, 4/Ben Arfa, 5/Ribéry.
La technique pure de Xabi Alonso est la rencontre à un niveau d'excellence ultime de tous les fondamentaux du football (le coup d’œil, la prise de balle, la passe, le déplacement)
Je souhaiterais ainsi, rendre hommage à cette forme de technique, celle qu’incarnent à merveille les Xavi, Pirlo ou Xabi Alonso. Je veux parler ici, de l’essence même de la technique, de ce qui fait la beauté de ce sport, à savoir la passe courte, la passe longue, la remise une touche, le contrôle. Je vous invite, à focaliser votre attention uniquement sur ces 3 joueurs lors de leur prochain match. Suivez leurs déplacements, leurs prises de balle, leurs contrôles orientés, leurs passes, leurs prises d’informations, c’est tout simplement magnifique. Cette technique là sur la durée d'un match vaut tous les petits ponts du monde.
Un jeu long exceptionnel, certainement le meilleur du monde…
Dans le même registre, je souhaiterais mettre en lumière un aspect du jeu de Xabi Alonso…la passe longue. Je crois sans trop prendre de risque qu’il n’y a pas beaucoup de joueur capable de rivaliser avec le niveau et la régularité du jeu long de l’Espagnol. Dans le football moderne, où les équipes sont de mieux en mieux organisées, opérant en bloc, quadrillant parfaitement le terrain, le jeu long peut-être une arme s’il est précis et réalisé dans le bon tempo. L’efficacité d’une bonne transversale se juge à l’aune de sa trajectoire qui doit être tendue, précise et appuyée. Il est donc essentiel que celle-ci ne soit pas trop haute et ne retombe pas en feuille morte. Or, justement la différence entre le jeu long de Xabi Alonso et celui d’un joueur lambda, se mesure dans la capacité du premier à réaliser cette passe en un temps inférieur à celui de son homologue tout en gardant la même précision. Car, entre le coup d’œil, la prise de décision et la réalisation, il s’est succédé trois étapes, étapes qui nécessitent pour chacune d’entre elles un savoir-faire particulier. Il faut bien avoir à l’esprit qu’une erreur de trajectoire de 50 centimètres sur une passe de 50 mètres pour un joueur lancé en pleine course peut être rédhibitoire et anéantir une action de but. La force de Xabi est justement de réaliser en une poignée de secondes et avec une efficacité diabolique cet alliage entre le coup d’œil, la prise de décision et la réalisation. Le jeu long de Xabi Alonso est une facette de son jeu, mais il ne serait se réduire à ça. Il est un peu comme l’a été Pirlo pour le Milan AC, le joueur auprès duquel toutes les premières relances sont orientées. Il est aussi le baromètre de l’équipe. Quand Xabi Alonso va, l’équipe va. Quand il est moins bien, c’est toute l’équipe qui en pâtit.
Une technique pure et léchée qui fait rêver l’anti-amateur de la technique bling-bling que je suis
A l’heure où les médias font de l’individualisation du football une fin en soi, il est de bon ton de rappeler qu’une autre forme de technique existe. Et qui de mieux que Xabi Alonso pour la représenter?! Talentueux mais travailleur, footballeur à l’état d’esprit irréprochable, le madrilène symbolise ce joueur d’équipe à la technique pure et léchée qui fait rêver l’anti-amateur de la technique bling-bling que je suis.
Médiatiquement dans l’ombre de ses compères catalans, Xavi, Iniesta ou Fabregas, Xabi Alonso n’en est pas moins un joueur au talent exceptionnel. Véritable baromètre du jeu du Real Madrid, Xabi est sans aucun doute, l’un des maillons essentiels du dispositif Mourinho. Hauteur d’une saison 2011/2012 de tout premier plan, possédant un gros volume de jeu, étant capable de défendre, d’aller au duel, de relancer proprement, de se projeter vers l’avant, d’offrir la dernière passe, de faire la différence sur coup de pied arrêté, Xabi Alonso est par ses caractéristiques, l’archétype du milieu relayeur moderne.
Xabi Alonso, un joueur à la technique anti bling-bling
A l’image d’un Xavi pour le Barça, le madrilène possède une justesse technique qui lui permet d’être habile dans le petit jeu. De cette technique justement parlons-en. Lorsque l’on pense « technique », on pense en premier lieu à un joueur comme Cristiano Ronaldo, capable de gestes venus d’ailleurs dont l’efficacité est discutable mais dont le public raffole. Petit pont, roulette, crochet, râteau, passe du dos, passement de jambes…tous ces gestes réunis font la panoplie du « joueur de quartier ». Spectaculaire, développée dans les petits espaces, cette technique « bling-bling » qui ne nécessite pas en soi une intelligence de jeu et des qualités footballistiques, est appréciée du grand public (Téléfoot). Mais, elle est monopolisante et réductrice. Il serait intéressant d’interroger des amateurs de football en les invitant à hiérarchiser les joueurs suivants en fonction de leurs qualités techniques : Ben Arfa, Cristiano Ronaldo, Messi, Ribéry et Xabi Alonso. Sans trop m’avancer, je pense que les personnes interrogées classeraient ces joueurs de la manière suivante : 1/Messi, 2/Ronaldo, 3/Ben Arfa, 4/Ribéry et 5/Xabi Alonso. On ne saurait leur donner tort car à bien des égards ce classement est légitime au regard d’une certaine idée de la technique couramment répandue aujourd’hui. Maintenant si l’on juge la technique d’un joueur au regard de sa capacité à maitriser les fondamentaux du football (passes longues, passes courtes, contrôles, remise une touche, etc.) à un vrai niveau d’exigence alors le classement pourrait être tout autre. On aurait dès lors 1/Xabi Alonso, 2/Messi, 3/Ronaldo, 4/Ben Arfa, 5/Ribéry.
La technique pure de Xabi Alonso est la rencontre à un niveau d'excellence ultime de tous les fondamentaux du football (le coup d’œil, la prise de balle, la passe, le déplacement)
Je souhaiterais ainsi, rendre hommage à cette forme de technique, celle qu’incarnent à merveille les Xavi, Pirlo ou Xabi Alonso. Je veux parler ici, de l’essence même de la technique, de ce qui fait la beauté de ce sport, à savoir la passe courte, la passe longue, la remise une touche, le contrôle. Je vous invite, à focaliser votre attention uniquement sur ces 3 joueurs lors de leur prochain match. Suivez leurs déplacements, leurs prises de balle, leurs contrôles orientés, leurs passes, leurs prises d’informations, c’est tout simplement magnifique. Cette technique là sur la durée d'un match vaut tous les petits ponts du monde.
Un jeu long exceptionnel, certainement le meilleur du monde…
Dans le même registre, je souhaiterais mettre en lumière un aspect du jeu de Xabi Alonso…la passe longue. Je crois sans trop prendre de risque qu’il n’y a pas beaucoup de joueur capable de rivaliser avec le niveau et la régularité du jeu long de l’Espagnol. Dans le football moderne, où les équipes sont de mieux en mieux organisées, opérant en bloc, quadrillant parfaitement le terrain, le jeu long peut-être une arme s’il est précis et réalisé dans le bon tempo. L’efficacité d’une bonne transversale se juge à l’aune de sa trajectoire qui doit être tendue, précise et appuyée. Il est donc essentiel que celle-ci ne soit pas trop haute et ne retombe pas en feuille morte. Or, justement la différence entre le jeu long de Xabi Alonso et celui d’un joueur lambda, se mesure dans la capacité du premier à réaliser cette passe en un temps inférieur à celui de son homologue tout en gardant la même précision. Car, entre le coup d’œil, la prise de décision et la réalisation, il s’est succédé trois étapes, étapes qui nécessitent pour chacune d’entre elles un savoir-faire particulier. Il faut bien avoir à l’esprit qu’une erreur de trajectoire de 50 centimètres sur une passe de 50 mètres pour un joueur lancé en pleine course peut être rédhibitoire et anéantir une action de but. La force de Xabi est justement de réaliser en une poignée de secondes et avec une efficacité diabolique cet alliage entre le coup d’œil, la prise de décision et la réalisation. Le jeu long de Xabi Alonso est une facette de son jeu, mais il ne serait se réduire à ça. Il est un peu comme l’a été Pirlo pour le Milan AC, le joueur auprès duquel toutes les premières relances sont orientées. Il est aussi le baromètre de l’équipe. Quand Xabi Alonso va, l’équipe va. Quand il est moins bien, c’est toute l’équipe qui en pâtit.
Une technique pure et léchée qui fait rêver l’anti-amateur de la technique bling-bling que je suis
A l’heure où les médias font de l’individualisation du football une fin en soi, il est de bon ton de rappeler qu’une autre forme de technique existe. Et qui de mieux que Xabi Alonso pour la représenter?! Talentueux mais travailleur, footballeur à l’état d’esprit irréprochable, le madrilène symbolise ce joueur d’équipe à la technique pure et léchée qui fait rêver l’anti-amateur de la technique bling-bling que je suis.
Xabi Alonso, taille patron
So Foot 04/04/2010
Il ne fait pas de pubs. Ne porte pas de gel. Ne se rase pas. Ne s'épile pas les aisselles. Il joue au Real Madrid alors que son père a évolué sous les couleurs blaugranas. Il préfère les transversales au jeu tout en toque. Il est basque mais pourrait bientôt avoir la même influence au sein de la Maison Blanche que Fernando Hierro en son temps. Xabi Alonso est un homme qui n'a pas peur d'envoyer bouler Benitez, Ronaldo ou encore Raul. Focus sur un type qui prend doucement mais sûrement ses marques de patron au sein de la Maison Blanche malgré un début de saison discret.
Xabi Alonso a une grosse barbe rousse alors que ses coéquipiers sont pour la plupart imberbes. Ça lui donne automatiquement l'image d'un type viril et plein de sagesse. Force est de constater qu'après des débuts difficiles chez les Merengues, Xabi Alonso est rapidement devenu le daron des Galacticos 2.0. Question rapport/qualité prix, il semblerait même que le natif de Tolosa soit la meilleure recrue de l'année de Florentino Perez. Doucement mais sûrement, il est devenu le véritable régulateur de vitesse du jeu des “Sujets du Roi”. Avec lui, le Real gagne toujours, pas nécessairement grâce à lui a priori. En revanche, dès qu'il est absent, tout le monde peut se rendre compte de son importance au sein du milieu de terrain merengue. Jusqu'à présent, l'ancien compère de Gerrard à Liverpool a manqué un seul match dans la saison. Celui du match retour de Ligue des Champions contre Lyon...
Le Real serait-il en quart de finale de la C1 si Alonso n'avait pas vu jaune à Gerland ? Peut-être. Ses diagonales, son sens tactique, son expérience des grands matchs acquise avec Benitez à Liverpool et son assurance ont manqué à ses coéquipiers lors du match retour, c'est certain. Quelques jours avant le match décisif contre Lyon, Xabi Alonso avait d'ailleurs démontré qui était vraiment le patron de l'équipe en “volant” un pénalty à Cristiano Ronaldo lors du match face àVillarreal. Le capitaine Raul venait alors tout juste d'entrer sur le pré sous les ovations du “Fondo Norte”. Le public voulait voir un but du mythique numéro 7 tandis que Cristiano Ronaldo voulait se rapprocher du “Pichichi”. Xabi Alonso a finalement envoyé baladé tout le monde et brisé le protocole madrilène pour lancer définitivement sa saison. Beaucoup n'auraient pas eu les couilles d'affronter le Bernabeu et les caprices de la mégastar portugaise. Pas Alonso. Flashback.
«- Cristiano, celui-là il est pour moi. Laisse moi le ballon !
Non. C'est moi qui vais le tirer.
- Laisse-le moi je te dis !
Mais je veux être Pichichi !
- Et moi je n'ai pas encore marqué au Bernabeu, alors laisse-le moi !»
En s'y prenant à deux fois pour marquer son premier pénalty et donc son premier but au Bernabeu, Alonso a provoqué un véritable incident diplomatique au sein de la Maison Blanche. Ce jour-là, Alonso n'a pas seulement marqué un but à Villarreal et à son talentueux gardien Diego Lopez mais a définitivement marqué son territoire et imprimé son leadership au sein du vestiaire. Raul, l'homme le plus influent de l'histoire récente du club, a dû ravaler sa salive, tout comme les socios du “Fondo Norte”. Cristiano Ronaldo, le joueur le plus cher du monde, chouchou des médias et symbole des Galacticos 2.0, ne s'est pas non plus donné la peine d'aller féliciter le buteur. Oui, ce jour-là, Alonso l'a jouée perso, sans doute pour la première fois de sa carrière, et démontré du même coup qu'il avait l'auto-estime nécessaire pour devenir un rouage important de la plus narcissique au monde des équipes.
Depuis “l'affaire du pénalty”, Xabi Alonso semble enfin avoir pris le jeu de l'équipe à son compte. La mise au placard de Lassana Diarra, avec lequel ils se marchaient sur les pieds, et la blessure du fantôme de Kaka, y sont sans doute pour quelque chose. Encore que. Malgré son début de saison discret, Alonso est le deuxième passeur de la Liga avec plus de 1800 transmissions. Xavi, le premier du classement, est loin devant avec ses 2100 caviars. Les deux internationaux espagnols n'ont pas le même profil de jeu mais partagent la même vision du football. C'est en tout cas ce que semble dire Pellegrini : «Il y a des joueurs qui aident leur équipe avec leur talent individuel. Xabi et Xavi, au contraire, mettent leur génie aux services du collectif et s'affirment comme des leaders parce qu'ils sont capables de faire leurs devoirs tout en faisant briller les autres. Leur faculté à voir les actions une seconde avant les autres en fait des joueurs ultra importants pour leur équipe». Tout comme le maestro catalan, le Basque semble désormais avoir acquis une influence considérable dans le vestiaire comme sur le pré. L'un des deux milieux de terrain espagnols se rendra en Afrique du Sud auréolé d'un titre en Liga. Xavi sera sûrement titulaire en Selecion, ce qui est loin d'être le cas de l'ancien “lad” d'Anfield Road. Il y a pourtant une chose que Xavi n'aura jamais : une belle barbe rousse de guérillero.
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