So Foot 14/06/2012
La dernière fois qu’un joueur a signé au Barça en provenance de Valence, l’Espagne a été sacrée championne du monde pour la première fois de son histoire. Cette fois-ci, Jordi Alba devrait emprunter le même chemin que David Villa et jouer un rôle plus important qu’il n’y paraît avec la Roja. Focus sur le latéral gauche malgré lui de la Roja.
Longtemps, l’Espagne a parlé de « malédiction » à l’évocation du poste d’arrière gauche. Véritable casse-tête pour les différents sélectionneurs qui ont traîné leur jogging sur le banc de la Roja, le latéral gauche est une denrée rare, pour ne pas dire en voie d’extinction, au pays des champions du monde. Luis Aragonés, qui avait dû naturaliser l’Argentin Pernia, avant de reconvertir Capdevila en défenseur, a une petite explication sur cette singulière pénurie : « En Espagne, aucun enfant ne rêve de devenir latéral et encore moins les gauchers. » Conséquence : l’Espagne s’est souvent trimbalée des gauchers vraiment contrariés de leur sort et pointés du doigt comme les véritables maillons faibles de l’équipe. Ni exceptionnel, ni dégueu, Capdevila a limité la casse comme il a pu, ces dernières années, mais sa décision de rejoindre Benfica lui aura été fatale. Placardisé au Portugal et à cours de forme, le champion du monde a laissé un vide queJordi Alba s’est empressé de combler. En mettant tout le monde d’accord.
Trop petit ?
Avant d’être l’objet du désir des plus grands clubs européens, le Catalan a longtemps galéré. Le gamin de Florida, quartier de L’Hospitalet où il est né, est doué, mais sa petite taille représente un handicap important qui fait même peur à son premier club formateur, le Barça. Les Blaugranas, qui ne sont pas du genre à s’attarder sur les centimètres, du moment qu’il y a de la qualité, vont pourtant décider de lui fermer les portes de la Masia. Albert Benaiges, responsable du centre de formation culé à l’époque, ne digère toujours pas d’avoir laissé filer le lilliputien : « Son problème, c’est que Dame Nature a tardé à le faire passer d’enfant à adulte. La première fois que je l’ai vu jouer, j’ai demandé à sa mère de me dire la vérité sur son âge. Il avait un vrai problème de croissance. D’ailleurs, il était tellement petit qu’on hésitait à le faire jouer avec les autres, de peur qu’il se fasse mal. Avec Pep Guardiola, nous avions également eu ce problème, mais nous avions finalement décidé de le conserver. Nous n’avons pas su en faire de même avec Jordi, malheureusement… »
Ce que Benaiges semble oublier, c’est que le Barça a été plutôt patient avec le jeune Alba. La preuve, il est encore aujourd’hui le seul joueur de l’histoire du club à avoir passé deux ans dans l’équipe des cadets B, considérée chez les Catalans comme un péage écrémant les futures stars des espoirs sans lendemain. Jordi faisait partie de la première catégorie, mais avait un sérieux problème de calcium. Résultat, en 2005, les portes de la Masia se ferment définitivement derrière lui. Pour rebondir, l’adolescent atterrit à Cornellà, un club satellite de l’Espanyol Barcelone, où il régale la chique. Un an plus tard, l’ailier est acheté par le FC Valence pour la bagatelle de 6000 euros. Autrement dit, une bouchée de pain : « Je ne voulais pas d’argent, mais qu’il signe dans un club où il puisse s’épanouir vraiment », précise José Galvez, président du club catalan qui songe sérieusement à rebaptiser son stade « San Jordi Alba ». Cornellà peut dire merci à Alba. Grâce à sa progression fulgurante, le club a déjà empoché 170 000 euros sous forme de primes sur objectif actées, à l’époque, avec les scouts valencians.
« La Flecha »
À Valence, Alba devient rapidement une pépite de la Cantera locale. Il faut dire que le milieu de terrain a des qualités pour réussir dans un club qui a vu briller Vicente ou Silva. Vif, tonique, technique et supersonique, Alba est appelé à devenir le futur boy next door de Mestalla. Seul bémol, il y a embouteillage dans le milieu de terrain Che. Le club décide alors de l’envoyer au Gimnàstic Tarragone pour qu’il s’aguerrisse et canalise sa fougue (Silva avait emprunté le même parcours en passant, un temps, par la deuxième division espagnole). L’essai est concluant et il finit même par intégrer la sélection espagnole des moins de 21 ans en fin de saison. Comme prévu, Valence le rapatrie avec l’idée d’en faire le successeur de Vicente, idole locale en perdition. Problème : barré par Mata et surtout Silva, Alba dispute seulement des bouts de matchs. En 2010, Mathieu, Bruno et Alexis se blessent en même temps. L’entraîneur Unai Emeryn’a plus de titulaire ni d’alternative en défense et décide alors de reconvertir Alba en latéral, le temps que l’infirmerie se vide.
Le fait de reculer d’un cran sur le terrain fait avancer la carrière d’Alba. Convaincu par ses qualités de contre-attaquant, son abattage et sa faculté à multiplier les sprints, Del Bosque le convoque pour la première fois avec la Roja en octobre 2011, à l’occasion d’un match contre l’Écosse comptant pour les qualifications de l’Euro. Quatre matchs plus tard, Jordi Alba est déjà le nouveau latéral gauche indiscutable de la Roja. « La flecha » devrait normalement suivre les pas de Piqué et Fàbregas. Le Barça s’apprête, en effet, à régler 15 millions d’euros à Valence pour qu’il prenne la relève d’Abidal dans son couloir. Il aura alors pour mission de dynamiser un coté gauche bien sage en comparaison de celui de Daniel Alves. En attendant de fouler le Camp Nou, Del Bosque attend de lui qu’il ouvre de nouvelles perspectives en attaque à une équipe qui s’amuse à jouer sans avant-centre de métier. Avec, donc, un vrai… faux latéral.
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Alba, une bombe !
Sports.fr 03/07/2012
C’est la révélation de l’Euro. Jordi Alba, latéral gauche de la sélection espagnole, a apporté un vrai plus à une Roja déjà dominatrice et victorieuse de son 3e trophée majeur de rang. Le petit nouveau s’est rapidement fondu dans un collectif très bien huilé. Avec des prestations de premier ordre, le néo Barcelonais a apporté sa pierre à l’édifice et ponctué son tournoi d’un but en finale. La relève est assurée.
"C’est phénoménal…" Jordi Alba ne s’est pas défilé. Ni sur le terrain ni en coulisses. Ce joueur, formé au Barça, mais qui évoluait cette saison à Valence, a fait l’effet d’une bombe pour s’imposer comme un titulaire à part entière avec l’Espagne, mais également faire partie du groupe des 23 meilleurs joueurs, élus par l’UEFA à l’issue de la compétition. Sa vitesse de pointe, ses appels, mais également sa capacité à rester solide défensivement ont fait de lui l'une, sinon la révélation de cette phase finale.
Pourtant, tout a été très vite pour ce joueur laissé de côté par le Barça et récupéré par Valence pour évoluer... en attaque ou au poste de milieu gauche. Une formation qui peut en partie expliquer son sang froid devant le but pour battre, en finale un Gigi Buffon pas manchot dans l’exercice du un contre un. "Sur mon but, j’ai vu l’espace qui s’ouvrait et ensuite Xavi a fait la moitié du travail avec cette passe incroyable. Après, j’ai eu la chance de réussir mon contrôle et de marquer", rigolait-il après coup. Un vrai but d’attaquant qu’il n’est pourtant plus depuis un an et demi environ. Car sa vie de footballeur a basculé lorsqu’Unai Emery, son entraîneur à Valence, l’a repositionné au poste de latéral gauche. Une idée de génie à laquelle il n’a pourtant pas adhéré de suite. Avec un peu de recul, il n'a pas à le regretter…
Le Barça s’était trompé
D’autant que ses performances à Valence ont tapé dans l’œil des Blaugrana qui ont reconnu s’être trompé en le laissant filer et tout entrepris pour le rapatrier en Catalogne. Le transfert était quasiment bouclé avant la phase finale, le Barça ne s'y est pas trompé car les 12 millions (+ 2 millions avec bonus) ne paraissent vraiment pas démesurés pour un joueur de ce calibre, dont la prestation en finale n'a fait depuis que décupler la valeur… C’est avec le "sentiment de revenir à la maison" qu’il retrouvera son club formateur après des vacances bien méritées. Entre temps, il y a donc eu cet Euro partagé avec Pique, Busquets, Valdes, Pedro, Fabregas, Iniesta ou encore Xavi. Mais la force de Vicente del Bosque réside justement dans cette capacité à faire naître un état d’esprit irréprochable au sein de son groupe en faisant surtout sauter les effets claniques trop longtemps dévastateurs.
"Je savais que l’entraîneur avait confiance en moi. J’ai vécu de supers choses, mais gagner l’Euro, alors que tout le pays te regarde et mettre un but, c’est juste incroyable", ajoute le latéral, conscient de la réalité de sa performance d’ensemble. La Roja paraît avoir mis la main sur son arrière gauche. Le renouvellement de génération continue de s’opérer au sein d’une sélection qui a tout gagné et qui ne veut surtout plus perdre. A 23 ans, Jordi Alba a réussi son pari. L’avenir lui appartient.
C’est la révélation de l’Euro. Jordi Alba, latéral gauche de la sélection espagnole, a apporté un vrai plus à une Roja déjà dominatrice et victorieuse de son 3e trophée majeur de rang. Le petit nouveau s’est rapidement fondu dans un collectif très bien huilé. Avec des prestations de premier ordre, le néo Barcelonais a apporté sa pierre à l’édifice et ponctué son tournoi d’un but en finale. La relève est assurée.
"C’est phénoménal…" Jordi Alba ne s’est pas défilé. Ni sur le terrain ni en coulisses. Ce joueur, formé au Barça, mais qui évoluait cette saison à Valence, a fait l’effet d’une bombe pour s’imposer comme un titulaire à part entière avec l’Espagne, mais également faire partie du groupe des 23 meilleurs joueurs, élus par l’UEFA à l’issue de la compétition. Sa vitesse de pointe, ses appels, mais également sa capacité à rester solide défensivement ont fait de lui l'une, sinon la révélation de cette phase finale.
Pourtant, tout a été très vite pour ce joueur laissé de côté par le Barça et récupéré par Valence pour évoluer... en attaque ou au poste de milieu gauche. Une formation qui peut en partie expliquer son sang froid devant le but pour battre, en finale un Gigi Buffon pas manchot dans l’exercice du un contre un. "Sur mon but, j’ai vu l’espace qui s’ouvrait et ensuite Xavi a fait la moitié du travail avec cette passe incroyable. Après, j’ai eu la chance de réussir mon contrôle et de marquer", rigolait-il après coup. Un vrai but d’attaquant qu’il n’est pourtant plus depuis un an et demi environ. Car sa vie de footballeur a basculé lorsqu’Unai Emery, son entraîneur à Valence, l’a repositionné au poste de latéral gauche. Une idée de génie à laquelle il n’a pourtant pas adhéré de suite. Avec un peu de recul, il n'a pas à le regretter…
Le Barça s’était trompé
D’autant que ses performances à Valence ont tapé dans l’œil des Blaugrana qui ont reconnu s’être trompé en le laissant filer et tout entrepris pour le rapatrier en Catalogne. Le transfert était quasiment bouclé avant la phase finale, le Barça ne s'y est pas trompé car les 12 millions (+ 2 millions avec bonus) ne paraissent vraiment pas démesurés pour un joueur de ce calibre, dont la prestation en finale n'a fait depuis que décupler la valeur… C’est avec le "sentiment de revenir à la maison" qu’il retrouvera son club formateur après des vacances bien méritées. Entre temps, il y a donc eu cet Euro partagé avec Pique, Busquets, Valdes, Pedro, Fabregas, Iniesta ou encore Xavi. Mais la force de Vicente del Bosque réside justement dans cette capacité à faire naître un état d’esprit irréprochable au sein de son groupe en faisant surtout sauter les effets claniques trop longtemps dévastateurs.
"Je savais que l’entraîneur avait confiance en moi. J’ai vécu de supers choses, mais gagner l’Euro, alors que tout le pays te regarde et mettre un but, c’est juste incroyable", ajoute le latéral, conscient de la réalité de sa performance d’ensemble. La Roja paraît avoir mis la main sur son arrière gauche. Le renouvellement de génération continue de s’opérer au sein d’une sélection qui a tout gagné et qui ne veut surtout plus perdre. A 23 ans, Jordi Alba a réussi son pari. L’avenir lui appartient.
Jordi Alba a préféré le Barça à Manchester United
Foot Mercato 30/06/2012
Le FC Barcelone a rondement mené son affaire pour recruter Jordi Alba, bien aidé par la volonté absolue du latéral gauche de rejoindre la Catalogne.
Si le Barça avait un point faible, c’était peut-être sur l’aile gauche. Non pas qu’Abidal soit un mauvais défenseur, mais il apportait beaucoup moins offensivement que son compère Daniel Alves sur l’aile droite. Le club catalan s’est donc attaché les services de Jordi Alba, le latéral gauche ultra-offensif de Valence et de la sélection espagnole, pour 5 ans et contre un chèque de 14 M€. Une affaire rondement menée comme le rapporte El Mundo Deportivo.
En effet, la concurrence était particulièrement rude sur ce dossier. Le Barça a pu compter sur un élément indispensable : la volonté du joueur de 23 ans de les rejoindre. Dès le début d’année 2012, des offres ont garni le bureau du président du club che. Notamment des propositions en provenance de Premier League. Mais Jordi Alba est monté au créneau pour dire à ses agents et à son club que si le Barça se manifestait, alors il ne servait à rien d’écouter les arguments des autres courtisans.
Manchester United était pourtant très chaud. Après une première offre de 14 M€, MU a passé la vitesse supérieure et a plusieurs fois augmenté le montant de la proposition. C’était peine perdue, car le Barça avait de son côté commencé les négociations avec Valence et s’était mis d’accord sur un chèque de 12 M€ fixe plus des bonus faisant monter le transfert à 14 M€. Seule exigence de Valence : patienter avant de discuter avec le joueur au sujet du futur contrat. Résultat, le club blaugrana n’a pu se mettre d’accord avec Alba qu’il y a seulement 10 jours, avec un contrat de 5 ans et un salaire correspondant au double de ce qu’il touchait à Valence. Et Manchester United là-dedans ? Et bien, il s’attaque désormais à Leighton Baines, le latéral d’Everton. Au moins, il ne sera plus concurrencé par le Barça…
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