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Kompany : “Je dédie ce titre à Anderlecht et à la Belgique”

Dhnet.be 14/05/2012



Entretien exclusif avec Kompany, le premier Belge champion d’Angleterre

Unbelievable  ! City est devenu hier champion d’Angleterre, comme ses supporters l’attendaient… depuis 44 ans ! Mais aucun d’eux n’aurait imaginé le scénario démentiel d’hier après-midi.
Menés par la modeste équipe de QPR à la fin du temps réglementaire, Vincent Kompany et ses équipiers ont réussi à planter dans les arrêts de jeu les deux buts qu’il leur fallait pour fêter le sacre. Un exploit comparable à celui que… le rival d’United avait forgé en 1999 en finale de C1 .
En deux jours seulement, Vincent Kompany vient donc d’ajouter les deux plus belles lignes à son CV : celle de Joueur de la Saison enPremier League et celle, encore plus importante de premier joueur belge de l’histoire sacré champion d’Angleterre !

En exclusivité belge pour la DH , le capitaine belge de City nous a confié ses impressions. Il était sur son petit nuage… 
“Ce que je ressens, c’est indescriptible. Incroyable. Surtout quand on voit la façon dont s’est deroulé ce match, et même toute cette saison… Moi, je n’ai jamais douté. On avait déjà marqué plusieurs fois en toute fin de partie. On a pu vérifier que Manchester était une terre de miracles. Même ceux-ci ne se produisent pas seulement de l’autre côté de la route !”

Un miracle qui a évité, aux yeux de Kompany, une énorme injustice. 
“Ce titre, on le mérite vraiment. Car cette saison, je n’ai pas vu une meilleure équipe que nous ! Nous avons la meilleure défense, la meilleure attaque et nous avons battu deux fois United.”

Ce titre est peut-être encore plus beau vu la manière dont il a été décroché, dans les dernières minutes d’un véritable thriller. 
“Il ne fallait pas être cardiaque ! C’est difficile de trouver les mots… Dans la mêlée qui a suivi notre deuxième but, j’ai vu des hommes de tempérament, des joueurs de calibre, pleurer. Sergio (Agüero)était par terre, il versait des larmes. Il faut jouer à un sport fou comme le football pour vivre de telles émotions… Ce titre fait partie d’un projet qui est aussi un peu mon bébé. Ces dernières années, nous avons dû nous défendre contre beaucoup de critiques, qui nous collaient une étiquette de mercenaires. Mais nous, on avait juste des rêves de gosse, qu’on avait déjà quand on avait six ans et qu’on était pour la plupart pas riches du tout, et même plutôt pauvres… Aujourd’hui, on ne pense pas du tout à l’argent : on vient de vivre un rêve de gosse.”

Vincent Kompany n’oublie certainement pas d’où il vient. 
“À Anderlecht, j’ai grandi en rêvant du titre. Mon premier sacre avec le Sporting, c’était énorme. Ici, c’est tout aussi important. Je tiens à remercier tous mes amis et ceux qui, au pays, m’ont soutenu depuis mon enfance. Je dédie aussi ce titre à la Belgique et à Anderlecht. Pour moi, c’est exceptionnel de pouvoir offrir ce trophée au public belge.”

Fidèle à son image, Kompany a conclu l’entretien en évoquant déjà le futur. 
“J’ai d’autres objectifs avec City. Et avec l’équipe nationale, que je veux mener au succès qu’elle mérite…”




Kompany du devoir

So Foot 15/11/2011



Touche de rigueur et de sérieux dans une équipe faite de strass et paillettes, Vincent Kompany comble de bonheur les supporteurs de Manchester City. Capitaine d’une sélection belge qui compte bien emmerder la France, l’ancien d’Anderlecht pourrait, d’ici peu, s’affirmer comme le meilleur défenseur du monde.
L’amour du football sur fond de Rumble in the jungle 74’. Proche de ses racines congolaises,Vincent Kompany est un homme de goût. Né en 1986, à Uccle, Belgique, l’élégant défenseur adepte du noble art, aurait aimé voir George Foreman au tapis douze ans plus tôt, à Kinshasa. De Muhammad Ali, dont il est fan, le capitaine de Manchester City a l’élégance, la détermination, la taille (1m91), mais pas l’arrogance. Après avoir mis KO tous ses concurrents, les uns après les autres, le Cassius Clay qui sommeille en Kompany est en passe de devenir The Greatest, dans le silence le plus total. Défenseur central irréprochable dans le club qui s’annonce être celui de l’année, le capitaine de la sélection belge embrasse une carrière aussi belle que son épouse, Carla Higgs. En constante progression depuis trois ans et son arrivée à Manchester City, l’ancien joueur d’Anderlecht et de Hambourg impose son physique, sa rigueur et son sens du jeu dans une équipe qui avait plus besoin d’un taulier que d’un chéquier. Prophète en dehors de son pays, le Citizen s’affirme comme l’un des meilleurs défenseurs du monde. Mais ce statut, comme sa passion pour le vin, le rap français ou son mariage en toute discrétion : il l’assume. Avec pudeur.

Du banc au brassard

David Silva par-ci, le Kun Agüero par-là. Certes, Manchester City, c’est 39 buts en 11 matches, soit la meilleure attaque de Premier League. Ce que trop de gens ont tendance à oublier, c’est que l’équipe de Roberto Mancini n’a encaissé que dix buts, ce qui, à défaut de faire frissonner la vox populi, aide considérablement à gagner des matches. Cette année, les Sky Blues se sont trouvés une belle défense. Joe Hart assure dans les cages, Richards impressionne sur son côté droit, Clichy fait du Clichy à gauche. Il ne manque plus que le taulier. Le mec capable de s’occuper de museler Rooney lors du derby, de gagner ses un contre un, et de rassurer son monde. Et il se trouve que dans l’effectif le plus cher de Premier League, cette caution défensive, indissociable des espoirs de titres, n’a couté « que » 8,5 millions d’euros. Discuté, malgré de bonnes prestations, sous l’ère Mark Hughes, qui lui préfère Lescott et Kolo Touré, Kompany, arrivé de Hambourg, prend son mal en patience.


Au petit jeu du « qui va sauter le premier », le Belge partait avec un train d’avance, et l’arrivée de Roberto Mancini va lui donner raison. Titulaire indiscutable sous les ordres de l’Italien, Vincent, revient en force et s’affirme comme l’un des grands espoirs européens à son poste. La saison suivante est celle de la confirmation. En 2010-2011, il récupère le numéro 4, est élu pour la deuxième fois meilleur joueur de la saison par les fans, est désigné meilleur joueur de l’équipe par ses coéquipiers. Il est accessoirement élu meilleur joueur belge à l’étranger. Le brassard tombe logiquement au début de la saison 2011-2012. Capitaine de l’équipe la plus scrutée d’Europe, le Belge est, pour les attaquants adverses comme pour les tabloïds, tout sauf un bon client. Une sorte de gendre idéal moderne, qui emmerderait presque par sa perfection.

Lunatic, gaufres belges & vin rouge

Pas de photo, pas de punchline, pas de scandale. Les seules vulgarités qui pourraient sortir de la bouche de Vincent Kompany seraient issues de lyrics de rap français. De Kery James au 3eme Œil, en passant par Lunatic, l’international belge n’a jamais caché son amour pour Booba et Ali. Il l’avoue même sur son site internet, où les deux rappeurs du 92 apparaissent au milieu des gaufres belges, de Jacques Brel et du vin rouge pour lequel Kompany admet un irrésistible penchant. Avec modération. Pour le reste, ni strass ni paillette. Sage, Vincent écoute les conseils prodigués par ses artistes favoris et protège son dos. Marié dans la discrétion la plus totale à une femme qui ferait rêver les amateurs de WAGS, père d’une petite Sienna, le capitaine des Diables Rouges est également un homme d’association. Très engagé au sein de son organisation VICA, pour laquelle il travaille en partenariat avec SOS Village d’enfants dans son pays d’origine, le Congo, le Citizen se rend au chevet des mômes de son assoc’ dès qu’il le peut. Un mec bien, en somme. Très bien même. Le genre de profil plat, comme son pays, qui dérange, et ce malgré un charisme naturel.

Le meilleur au monde ?

Les étincelles, c’est bel et bien sur le terrain que Vincent les fait. Formé à Anderlecht, où il effectué ses premiers pas en tant que footballeur professionnel, le défenseur central tente un premier exil en 2006 du côté de Hambourg. Pas vraiment la meilleure époque pour débarquer au HSV, pas vraiment la meilleure période de sa carrière tout court. Entre blessures et mélodrame sportif du club allemand, l’histoire d’amour tourne vite au cauchemar. Le divorce est prononcé en 2008, quand Vincent, qui préfère rester au chevet de l’équipe olympique belge, se voit refuser le droit de continuer l’aventure pékinoise. Kompany dit fuck, City dit chouette. Les supporteurs des Diables Rouges disent ouf.

Promu capitaine à City, Vincent est également le taulier d’une défense centrale belge qui, avecThomas Vermaelen à la place de Daniel Van Buyten, pourrait avoir très fière allure. Titulaire dans le onze type de Premier League la saison passée, Vincent Kompany prend cette saison une autre dimension. Courtisé par le Real Madrid, souvent cité comme le futur meilleur défenseur central du monde, capitaine en club et en sélection, le joueur de 25 ans ne souhaite plus qu’une seule chose : gagner. Double champion de Belgique et vainqueur de la Coupe d’Angleterre, le Belge est prêt à enfiler les gants rouges pour combler une soif de titres légitime. Et mettre tout le monde d’accord. Comme son illustre idole.

Vincent Kompany: "J'essaierai d'être le meilleur du monde"


Sportmagazine.levif.be 25/01/2011


Et si le véritable taulier du foot belge était un golden boy de pas encore 25 ans? Rencontre exceptionnelle à Manchester avec le n°1 de notre Top100.
Campagne, manoir 18e à la fois club de golf et hôtel, immenses canapés Chesterfield, cake, tea, et pourtant aucun inspecteur Barnaby à l’horizon. C’est dans ce décor so british que Vincent Kompany a décidé de nous recevoir. A Macclesfield, précisément, dans le neighbourhood de Manchester, où habite la moitié de la Premier League et où les immenses villas se succèdent; contraste saisissant avec Manchester l’industrielle.

Vinnie (son surnom outre-Manche) y a également déposé les valises familiales. Son laissez-passer star de Premier League, il l’a obtenu cette saison. Rares sont les tops ou équipes types de mi-saison en Angleterre où son nom n’apparaît pas. Que ce soit sur ou en dehors des terrains, Kompany est désormais une marque de référence pour le billionaire club de City.
Un petit tour dans le fan shop des Citizens suffira à nous convaincre de sa grande popularité. "I hope he‘ll be a City legend", nous lance un de ses supporters. Au beau milieu d’une exceptionnelle semaine light(un seul match au programme) la personnalité de l’année reçoit Sport/Foot Mag et Pierre Deprez de la RTBF. Deux heures pour un premier bilan d’une carrière déjà très dense.

Tu as été élu notre Personnalité n°1 de l’Année. Quel effet cela te fait? 
Cela sonne lourd comme titre et ça fait évidemment plaisir. Savoir qu’en Belgique on ne m’a pas oublié alors que j’évolue à l’étranger me motive tout particulièrement.

Tu as eu le sentiment qu’à une période, la presse belge ne t’a pas assez suivi?
Non, pas du tout. Mais il est arrivé à d’autres joueurs d’être un peu oubliés. Et inversement, quand on vit à l’étranger, on n’est pas toujours au fait de ce qui se passe.
Ta situation à Manchester City n’a jamais été aussi florissante. Tu as le respect du public, de tes équipiers, on parle même de toi comme futur capitaine régulier.

Tout baigne, non? 
J’évolue, tout simplement. Ma première saison à Manchester s’était déjà très bien passée. Et puis au fil du temps, j’ai rencontré de meilleurs joueurs, et j’ai voulu apprendre de cet environnement. C’est vrai que je n’ai peut-être jamais atteint un tel niveau mais ce n’est pas pour autant que je suis arrivé à mon top. J’espère que d’ici deux ou trois ans il y aura encore plus à voir.

Et chez les Diables, tu te sens aussi bien qu'à City?
Je pense ne m’être jamais aussi bien senti en équipe nationale. Comme je le dis souvent, on est une génération avec du talent. Mais les autres petites nations ont aussi évolué et pour passer les qualifications, il faut quelques joueurs spéciaux. Je pense que certains Diables entrent dans cette catégorie.

Cela fait quand même un petit temps qu’on parle de génération dorée… 
Il y a le fait de le dire et puis les faits. Aujourd’hui, les faits me font dire qu’il y a de bons joueurs. Quand j’avais 17 ans, on parlait déjà de génération dorée mais prester à haut niveau à Anderlecht, ce n’est pas prester à haut niveau à Barcelone. Et pour avoir une forte génération, il faut des joueurs qui soient stabilisés dans des gros clubs et qui jouent régulièrement. Ce n’est pas encore le cas mais ça devrait venir. Un gars comme Romelu pourra y arriver, pas seulement par rapport à ce qu’il a montré sur le terrain, surtout par rapport à ce qu’il a montré en dehors: c’est quelqu’un qui aime apprendre, qui écoute et qui aime l’entraînement. Mais il serait injuste d’attendre de Romelu ou d’Eden qu’ils qualifient la nation.

En tous cas, pour 2012, c’est plutôt mal embarqué… 
On m’avait demandé si je mettrais la main au feu que les Diables se qualifieraient pour un prochain grand événement. J’avais répondu que pour 2014, j’en suis quasiment sûr à 100%. Et cette prédiction remonte à quatre ans. Aujourd’hui, j’en suis encore plus convaincu. Cependant, c’est 2012 qui nous occupe et j’ai la conviction qu’on va se qualifier.

Quels sont les trois éléments qui manquent à ce groupe? 
Maturité, maturité, et maturité.

Tes passages dans les médias sont très rares. Pourquoi? 
Je ne crois pas faire partie des gens qui prennent un énorme plaisir à se voir dans les journaux. Et puis quand on en fait trop, le risque c’est de lire des passages qui n’ont plus grand-chose à voir avec le message véritable.

Comment expliques-tu que ton image en Angleterre soit si positive? Difficile de trouver un papier qui t’égratigne quelque peu… 
Je ne sais pas quoi répondre. Mais je me méfie. En Angleterre, tout peut aller très vite. Il suffit de se faire happer dans un tourbillon médiatique et tout ce que tu as construit disparait rapidement.

Donner une image de gars engagé, investi, loyal fait partie d’une mission? 
Non. Je ne donne pas d’image de moi-même. Je parle de choses dont j’ai envie de parler, si j’en fâche certains, tant pis, mais l’image que je donne dans une interview est ce que je suis. Quand je me rends au Congo pour SOS Villages d’Enfants, c’est parce que j’ai envie d’y aller, de m’investir, parce que c’est une priorité pour moi et non pour donner une image de moi. Mon but, ce n’est pas d’être à l’avant-plan, mais bien de récolter des fonds.