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Fàbregas, l’intermittent du spectacle

So Foot 26/03/2013



Génie, génial, talentueux, respectueux. Cesc Fàbregas a tout pour lui, en plus d’avoir un palmarès de chacal à 25 piges. Sauf que le milieu de terrain du FC Barcelone n’est qu’une vulgaire roue de secours en équipe d’Espagne, et ce, en dépit de plus de 70 sélections. Un postulat qui dure.

Si on zieute tranquillement le palmarès international de Cesc Fàbregas, on se sent tout petit. Deux euros (2008 et 2012) et une Coupe du monde (2010). Déjà plus que la génération France 98. Et tout ça avant ses 26 ans. Ça force le respect. Pourtant, le milieu de terrain du FC Barcelone n’a jamais été considéré au pays comme un cadre de la sélection espagnole malgré plus de 70 sélections. Et pour la première fois de sa carrière, Fàbregas se retrouve en club et en sélection avec l’étiquette d’intermittent collé sur le front. Utile oui. Indispensable non.

Si tout le monde est là, Cesc commence sur le banc sans que personne ne trouve quelque chose à redire. D’une, ça montre la qualité exceptionnelle de l’Espagne actuelle. De deux, ça confirme que le milieu de terrain n’a pas réussi à se faire une place dans cette génération. Un postulat qui s’étend même à sa situation contractuelle avec le FC Barcelone. On l’a d’ailleurs vu lors des deux derniers matchs contre le Real Madrid ou lors du huitième de finale retour contre l’AC Milan, trois matchs importants, où Fàbregas n’a pas gratté une seule minute de jeu. Tout sauf un hasard...

A priori, l’ancien capitaine des Gunners devrait commencer le match de ce soir contre les Bleussur le banc. À sa place. La faute à une concurrence ultra relevée. Pour ne pas dire monstrueuse. Dans l’entrejeu, Cesc doit se coltiner Busquets, Xavi, Xabi Alonso et Andrès Iniesta. Et si jamais Vicente del Bosque décide de le faire jouer plus haut, ce n’est guère mieux avec les présences de Pedro, David Silva, Juan Mata, Santi Cazorla, David Villa et Fernando Torres (sans parler de Negredo ou Llorente). Ouais, ça fait beaucoup (trop) de monde à bouger pour un seul mec.


Avant-centre à l’Euro par défaut

Alors oui, à un moment donné, Fàbregas servait de faux numéro 9 quand David Villa soignait son corps et Fernando Torres son mental. Ce fut notamment le cas lors du dernier Euro. Un choix avant tout par défaut. Pas vraiment un choix sportif. C’était faute de mieux. Mais avec le retour de Villa, la place d’avant-centre est verrouillée. L’ancien de Saragosse est efficace et libère des espaces pour ses collègues du trident offensif. Et si on part du principe que Busquets et Alonso sont intouchables au milieu, il reste une place d’intermittent libérée par Xavi et ses 33 piges. Un coin de pelouse qui revient à Andrès Iniesta quand celui-ci n’est pas aligné parmi les trois de devant. Quoi qu’il arrive, l’enfant lune est plus dangereux, plus imprévisible et plus utile au milieu et dans l’axe. Alors il joue. Tout le temps. Obligatoirement. Forcément, ça laisse peu de chose pour Fàbregas. Ou des miettes, c’est selon.

D’autant qu’il sait qu’il n’a pas le droit à l’erreur, comme le laisse penser une récente déclaration en conférence de presse catalane : « On dirait que chaque mauvais match que je fais en annule dix bons. Les supporters du Barça sont plus exigeants avec moi qu’avec mes partenaires ». Le ton est donné. A priori, l’air frais de la sélection aurait pu faire tourner cette roue de la malchance. Lui redonner du temps de jeu, de la confiance et de l’assurance. Bah non. C’est pire. L’Espagne a trop de cracks à son poste pour que le numéro 4 du Barça puisse venir en sélection sans crainte. Lors d’une longue interview donnée à So Foot, fin 2012, le Catalan se confiait d’ailleurs sur sa ressemblance avec d’autres joueurs.

« Je pense que j’ai le même style que des joueurs comme Xavi ou Iniesta », disait-il. Une manière de donner raison à son sélectionneur puisque les deux cités sont, globalement, meilleurs que lui dans leur rôle. En fait, Fàbregas a surtout un jeu anglais. Déformation professionnelle oblige. Bien que formé à la Masia, Fàbregas est avant tout un Anglais dans son jeu. Il ne s’en cache même pas. Toujours dans So Foot : « Avec Wenger, je me déplaçais où je voulais sur un terrain. J’allais là où je considérais que je devais être et j’aimais ça. Le jeu du Barça est plus posé. Il faut enchaîner les passes. Pam, tranquille, pam, tranquille. J’ai dû m’adapter aux besoins de l’équipe, qui sont différents de ceux d’Arsenal. Je ne peux pas jouer à la manière Fàbregas, ou de la manière qui plaît à Fàbregas, c’est impossible ». Ou comment demander à un joueur d’instinct de s’inscrire dans un collectif très mécanisé où tout est calculé pour quadriller et occuper le terrain. Finalement, Cesc est né trop tôt. Ou trop tard. Et sûrement dans le mauvais pays aussi.

FABREGAS N’EST PLUS SENSASS

Onzemondial.com 17/03/2013



Alors que le Barça espère profiter de la venue du Rayo Vallecano (21h) pour se rapprocher un peu plus d'un 22e titre de champion d’Espagne, Cesc Fabregas traverse une mauvaise passe. Laissé sur le banc depuis plusieurs matches, l’ancien Gunner peine à retrouver son niveau d’Arsenal. Y a-t-il un problème Cesc Fabregas au FC Barcelone ?

Depuis son retour en Catalogne à l’été 2011 contre 40 millions d’euros, l’ex-Gunner peine à trouver sa véritable place dans l’entrejeu blaugrana. Balloté d’un poste à l’autre, Cesc a fini par se perdre. Pourtant, ses buts à répétition lors des premiers matches et la bonne forme de son club avaient fait taire les sceptiques quant à son positionnement en attaquant de pointe. Il a ensuite reculé pour mieux tourner autour de Lionel Messi ou dépanné plus bas, lors des mises aux repos d’Andrés Iniesta et Xavi.

Toutefois, il n’a jamais retrouvé la liberté dont il jouissait à Arsenal, ni la confiance d’un coach comme il l’avait auprès d’Arsène Wenger. En privé, Pep Guardiola, s’était dit déçu par le comportement de Fabregas, l’an passé. Cette année, il a alterné les titularisations avec les mises sur le banc, malgré des statistiques plus que correctes (il est le second meilleur passeur de la Liga, avec 9 offrandes à son actif). Il est surtout passé à côté, comme toute l’équipe, de son huitième de finale aller de la Champions League, à San Siro contre l’AC Milan (défaite 0-2). Dans la foulée, il a également connu un trou d’air lors du Clasico face au Real Madrid (échec 1-3). Sifflé par le Camp Nou lors de son remplacement à l’heure de jeu, ce pur produit de la Masia a ensuite disparu du onze type lors des rencontres suivantes.

Soutien interne
Malheureusement pour lui, sa mise à l’écart, au profit de David Villa, a coïncidé avec le retour en forme du Barça. De quoi transformer le champion du monde 2010 en source de débats dans la presse ibérique, même si l’intéressé préfère calmer le jeu. « Les supporters sont moins patients avec moi, mais c’est normal, ça ne m’affecte pas, jure-t-il.C’est un public exigeant. Je n’ai jamais été un titulaire indiscutable dans l’esprit de personne mais, dans les moments importants, j’ai toujours répondu présent, comme en sélection par exemple. » « Le public est libre de faire ce qu’il veut, mais Cesc est important pour nous, coupe Jordi Roura, l’entraîneur intérimaire du Barça, en l’absence de Tito Vilanova. Nous sommes très contents de lui. C’est un joueur de grande qualité, nous n’avons aucun doute à ce sujet. Il réussit une très belle saison et nous nous en réjouissons. »
Un moyen comme un autre pour l’adjoint catalan de faire retomber la pression. En l’absence de Xavi, forfait sur blessure, Cesc Fabregas aura peut-être une nouvelle opportunité de montrer son talent ce soir dans le petit clasico, contre le Rayo Vallecano (21h). Au poste de récupérateur-relayeur sans doute. Celui qu’il occupait à Arsenal où il éclaboussait la Premier League de son talent.

Le paradoxe Fabregas


eurosport.fr 27/10/2012


Alors qu'il distribue les caviars, Cesc Fabregas n'est pas pour autant un titulaire indiscutable du Barça et profite surtout de l'absence d'Iniesta. Explications.

En 42 minutes samedi dernier, Cesc Fabregas a fait aussi bien que le troisième meilleur passeur de Ligue 1. Au terme d'une première mi-temps parfaite face à La Corogne (4-5), le milieu espagnol avait distribué trois passes décisives. En l'absence de Xavi, Fabregas a retrouvé ce jour-là le rôle qu'il préfère, celui dans lequel il s'est imposé comme l'un des meilleurs milieux du monde à Arsenal : celui qui détient les clés juste en soutien de l'attaquant. C'est là où sa vision du jeu et son toucher de balle font merveille.

Car Fabregas est avant tout un passeur de génie. Depuis la saison 2006-2007, personne n'a délivré autant de passes décisives que lui (73) dans les cinq grands championnats européens. Même Messi (73) et Daniel Alves (68) sont derrière lui. Cette saison, en huit rencontres, il en est déjà à cinq caviars soit seulement un de moins que l'an passé en 28 matches.  Et pourtant, depuis son arrivée au Barça, il n'est pas considéré comme un élément indiscutable du onze catalan au même titre que Xavi, Iniesta, Busquets ou Messi.

Quand il n'est pas là, le Barça perd
En début de saison, il a même dû essuyer les critiques d'une partie de la presse qui s'interrogeait sur son rendement. "Il y a une mini-campagne contre moi. Il y a plusieurs médias qui exagèrent ma mauvaise passe et je ne comprends pas pourquoi", s'étonnait le champion du monde et double champion d’Europe dans les colonnes de Sport mi-septembre. Un départ vers le Milan AC avait même été évoqué. Fabregas est surtout victime de sa polyvalence.
Capable d'évoluer à tous les postes de milieu de terrain et même avant-centre, comme lors du dernier Euro, Fabregas le paie face à des ultra-spécialistes du poste que sont Xavi ou Iniesta. Le constat est pourtant clair : Barcelone a besoin de l'ancien Gunner. Fabregas n'a raté que deux matches cette saison dont la seule défaite du Barça, face au Real Madrid en Supercoupe d'Europe (2-1). Doit-on le considérer pourtant comme un titulaire indiscutable ? Pas franchement.
Xavi et iniesta n'ont été alignés ensemble qu'à trois reprises cette saison : deux fois Fabregas a démarré sur le banc et la troisième, face au Real, il s'est exilé en pointe. Au sein d'un Barça qui dispose de toutes ses forces vives, Fabregas n'est donc pas encore assuré d'un statut de titulaire. Lui préfère le prendre avec philosophie malgré des statistiques qui plaident en sa faveur (3 buts, 5 passes décisives) : "Jouer avec eux, c’est fantastique. Mais, je ne me fais pas d’illusions, ils jouent dans les trois positions dans lesquelles je peux jouer et ce sont les meilleurs du monde. Je ne me plains pas, je ne pleure pas, tout ce que je peux faire c’est lutter, apprendre, et si un jour, l’un d’eux n’est pas là, jouer, travailler et me sentir bien", a-t-il confié au Mundo Deportivo. C'est aussi ça le luxe du Barça. Avoir dans ses rangs le meilleur passeur européen depuis six saisons et ne pas l'assurer d'une place de titulaire.